Le désastre de l’école numérique

Le désastre de l’école numérique

 

Nous pensons que la logique de la réforme Blanquer et de l’école numérique mis en place par F. Hollande ouvrant la voie à Microsoft dans les écoles, ainsi que le lobbying institutionnel et industriel afin de présenter comme horizon indépassable le numérique à l’école tout en le confondant  le plus souvent et volontairement avec les radiofréquences artificielles pulsées, vont de pair.

Actuellement en tout secteur de la société, dématérialisation numérique par ondes  artificielles équivaut à une réduction de postes. En découle une mise à distance de l’humain et de son temps de réflexion et affecte sa capacité de délibération individuelle et donc collective.

Les effets sanitaires des Champs ElectroMagnétiques (CEM) artificiels sont indissociables de la logique sociétale dans laquelle ils s’inscrivent. Le lobby des télécommunications est le plus puissant du monde, bien plus que celui de l’agrobusiness et du tabac- ceci pouvant expliquer l’origine de tant de décisions.

Par exemple tous les professeurs sont dorénavant obligés de corriger le copies du bac sur un écran, dans une interface gouvernementale, qui permet de contrôler leur productivité… exit les griffonnages constructifs des enseignants sur du vrai papier. Passons, pour mieux y revenir, sur les tablettes obligatoires et la wifi (qui émettent l’une et l’autre en permanence partout et au plus près des élèves). Le ministre Blanquer peut ensuite  s’enorgueillir tranquillement d’interdire le portable à l’école …

La logique individualisée dans laquelle les élèves devront choisir dès la seconde des options qui seront inégalement réparties entre les établissements (fin des filières S-ES et L), créant un lycée et un bac « à la carte », mais dépendant des capacités culturelles des élèves et familles, se marie parfaitement avec la sélection algorithmique de «Parcours sup » (afin d’entrer à l’Université) qui analyse la rationalité des choix d’options depuis la seconde. « Parcours sup » sanctionne « objectivement » par la technologie l’inégalité existante dans les possibilités de choix selon les lycées et milieux sociaux, que ne font qu’aggraver ces décisions politiques, elles bien humaines.

Il s’agit de la perte de la délibération intime, dans des conditions égales d’enseignement, au fil des années qu’arrive à se forger un élève, à l’amoindrissement de sa spontanéité, de sa marge d’erreur et d’ hésitation dans son évolution, et de sa liberté propre orientée par une éducation humaniste.

Les “appli” diverses, et entrepreneurs privés de l’orientation se chargeront de combler ce vide en proposant le choix les plus rationnels en fonction des données des élèves et des débouchés économiques du moment, l’Intelligence Artificielle permettant des optimisations selon des critères économiques libéraux (mais non plus la transgression des habitudes)…

En somme, le risque d’une reproduction sociale, automatisée par la technologie algorithmique, des parcours de vie, est accru.

Une école dans laquelle on peut donc avoir “confiance”, adjectif présent dans la dénomination de cette loi.

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Lire ici le courrier dans lequel puiser diverses informations afin de lutter contre la wifi dans les établissement scolaires

 

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L’intelligence artificielle :

vers l’obsolescence de l’école ?

Revue Le PARI de l’intelligence

Revue d’analyse et d’information du syndicat Action & Démocratie. Numéro 1 décembre 2018

https://ccaves.org/blog/wp-content/uploads/philippe-Herr-88-pages-en-PP.pdf

 

Par Philippe Herr

Extraits :

(…)

Dans un rapport de mai 2017 destiné au ministre de l’Éducation Nationale, Catherine BECHETTI-BIZOT (IGEN) se livre à une réflexion approfondie sur le destin de l’école dans le contexte du numérique. Le titre de ce rapport : Repenser la forme scolaire à l’heure du numérique

et son sous-titre : « Vers de nouvelles manières d’apprendre et d’enseigner », ne laissent guère de doute sur la métamorphose programmée de la transmission du patrimoine culturel aux nouvelles générations. L’étude conduite dans ce rapport oscille avec précautions, surtout oratoires, entre la conservation du rôle central de l’enseignant (dont on se demande cependant quel peut être, désormais, le sens de sa présence en classe) et l’automatisation d’un certain nombre de processus qui ne seraient pas là, dit-on, pour « remplacer les enseignants », mais pour mettre à leur disposition des « outils très puissants d’analyse et d’adaptation de l’enseignement », soit des algorithmes de traitement pédagogique plus rapides et plus auto-adaptables à chaque « apprenant » en fonction de ses capacités et de son niveau d’acquisition des « compétences » attendues. L’enseignant disposera

automatiquement et immédiatement de « feed-back » sur les productions et les performances de l’élève. Que seront donc les professeurs, une fois automatisé l’essentiel de leur mission, sinon des coachs éducatifs, assignés à un rôle périphérique par rapport à celui, devenu central, des

machines portées par de puissants algorithmes de profilage cognitif, lesquels, au nom de la « personnalisation », font fi de la personne et du respect qui lui est dû ? Les enseignants auraient pour fonction principale d’encourager les élèves à « réussir ». Mais ne serviraient-ils pas surtout de caution morale, de valeur humaine ajoutée à une éducation devenue véritablement système, système

cybernétique réduisant au minimum la relation humaine et du même coup l’Éducation ?

(…)

La machine traite des données, en nombre illimité, à la vitesse de la lumière, soit ; mais

une donnée n’est pas une connaissance, savoir n’est pas « savoir que… ». L’« intelligence » de la machine se rapproche de celle d’un service de renseignements, non pas d’enseignement ; une société de l’information n’est pas une société de la connaissance.

(…)

Dans ce projet d’assistance numérique généralisée à base d’intelligence artificielle, le risque est l’effacement progressif de ce qu’est l’humain au profit d’une simulation externe à l’homme.

Quel est l’avenir des savoirs, des savoir-faire et même du savoir-vivre, s’ils ne sont plus pleinement vécus par un sujet ? Déjà, la traduction automatique dispense d’apprendre, avec les langues, la culture d’un peuple ; la correction automatique conduit à l’oubli de la langue maternelle ; le GPS dispense de développer son sens de l’orientation, et la calculatrice de savoir compter. Et de

même que l’automobile « autonome » dispensera bientôt de savoir conduire, la « décision automatique » (sic) nous débarrassera aussi d’avoir à nous conduire, à nous gouverner par nous-mêmes. Gardons ceci à l’esprit : les automatismes ne conduisent pas à l’autonomie.

(…)

 

L’intelligence artificielle dans l’Éducation

Une mise en perspective

Par Philippe HERR

(…)

L’une des idées centrales est qu’avec l’I.A. il sera possible d’ajuster automatiquement les apprentissages en fonction du « style cognitif » et du « rythme » de chaque élève.

Les apprentissages seront donc « personnalisés » sur la base de « méthodes différenciées ».

(…)

« À terme, l’enjeu pour la puissance publique consiste à soutenir les solutions éducatives basées sur l’IA qui agissent dans l’intérêt de l’apprenant et permettent de développer une complémentarité capacitante (sic) avec la machine. » En clair : l’élève complète la machine… qui le lui rend bien. Et la puissance publique est satisfaite.

Rapport de Mme Catherine BECCHETTIBIZOT, rapport à monsieur le ministre de

l’Éducation Nationale, rapport N° 2017-056, mai 2017 : Repenser la forme scolaire à l’heure du numérique : vers de nouvelles manières d’apprendre et d’enseigner. (http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/formescolaire17.pdf)

(…)

Pour faire court : un environnement « capacitant » est un environnement pédagogique suffisamment riche et stimulant pour qu’un élève veuille l’exploiter au mieux dans toutes ses dimensions, et ce de la façon la plus autonome possible. Est-ce si neuf ? A ce titre, la vie réelle paraît le plus probant des environnements capacitants

(…)

Il convient donc, toujours pour le rapport Villlani, d’adopter une « approche adéquationniste » des

politiques éducatives. On le voit, le désir d’une flexibilité maximum est intense, à tous les niveaux, autant technique que pédagogique et politique : flexibilité des dispositifs d’apprentissage, flexibilité des apprenants, flexibilité des enseignants (qui deviennent des sortes de techniciens pédago-cogniticiens) ; flexibilité des politiques éducatives, désireuses de s’adapter idéalement sans temps mort aux évolutions du marché du travail et aux nécessités de la production

(…)

Dans un monde hyperfluide, celui de la « société liquide » révélée par Zygmunt Bauman, tout peut fluctuer au gré des exigences de flexibilité (des compétences, des emplois, des valeurs, etc.)

(…)

Est-ce encore l’élève qui est « au centre du système éducatif » ? Ne serait-ce pas bientôt l’I.A. ? L’enseignant est rejeté en périphérie du dispositif par la force centrifuge de l’I.A., où il connaît l’obsolescence ; l’élève, lui, est aspiré par la force centripète du dispositif, il y est avalé en son noyau algorithmique pour n’y subsister qu’en « données pédagogiques », puis versé dans le Cloud sous la forme abstraite de son « profil calculable ». Avec les I.A. adossées au Cloud, une noosphère pédagogique est en train d’émerger, à la plus grande joie d’une gouvernance technocratique, elle-même bientôt déléguée à la « bonne gestion » d’une I.A. Qu’on se le dise : la rationalisation du monde n’a pas besoin de nous.

(…)

Mais soyons raisonnable et examinons un instant ce que pourraient faire des enseignants « digital natives » complémentairement aux I.A., qui prennent en charge les tâches intellectuelles répétitives d’apprentissage.Il s’agit d’enseignants acquis à la cause numérique, et qui n’ont pas encore fait le parcours réflexif auquel nous les invitons ici. Ces nouveaux enseignants sont depuis leur plus jeune âge très à l’aise avec les jeux vidéo. C’est un constat. Compléter les I.A. et s’y associer fait déjà

partie de leur bagage comportemental et cognitif. Ils auront à coeur de former la jeunesse à la flexibilité, aux compétences plutôt qu’aux connaissances, à l’esprit créatif, mais productif ; ils aimeront voir jouer les élèves au sein de projets pédagogiques ludiques (du type « escape

game »), et les voir s’épanouir dans des interactions

groupales proche du « team building » ; ils multiplieront les sorties pédagogiques « ouvertes sur la ville », visitant moult entreprises pour leur donner envie d’un métier (qui disparaîtra dans les cinq ans), et devant le peu de campagne verte ils tiendront des discours éthiques en

faveur du « développement durable ». Devenus de parfait managers, on se demandera pourquoi ils n’ont pas créé leur boîte d’adaptiv learning dans l’élan enthousiaste de la « start-up nation » !

(…)

A quelques années à peine de l’usage généralisé des applis de traduction vocale

en temps réel, est-il encore besoin de se donner la peine d’apprendre une langue ? On peut généraliser cette question à tous les domaines du savoir et des savoir-faire : Qu’aurons-nous

encore besoin d’apprendre par nous-mêmes ? Les processus cognitifs jusque-là proprement humains, non seulement les plus élémentaires mais aussi parmi les plus élaborés (comme parler une langue) sont en voie d’externalisation technologique (dans le Cloud, travaillé par les I.A.). Quels

sont les processus intelligents que nous déléguerons bientôt à la « boîte noire » I.A., sans plus nous soucier d’en maîtriser par nous-mêmes les bases élémentaires ?

(…)

Or il ne s’agit plus vraiment là d’éducation, mais d’information, au sens premier où l’esprit est in-formé, mis dans une forme, qui fige sa profondeur par le fait même des sollicitations à haute fréquence dont on gratifie sa seule surface (tittytainment, « titiller pour exciter tout en amusant »).

(…)

L’enseignement… Celui des signes de la connaissance. Des signes transmis par un semblable qui en a fait l’expérience intérieure et qui la communique de personne à personne afin que chaque signe et chaque dimension de cette connaissance vive et grandisse dans la mémoire de l’élève, portés par l’énergie incarnée, un jour, d’un don.

(…)

A côté de la fascination hypnotiqu « intuitives », les supports, les méthodes et les relations si humaines de l’enseignement humaniste traditionnel paraissent ne pas faire le poids. Ils sont pourtant préférables et doivent le rester pour développer des formes d’attention qui permettent à la conscience d’un sujet de parvenir à posséder ses propres facultés et d’émerger un jour en tant que sujet politique.

Ce précieux sujet qui aura encore à coeur de faire vivre et de pérenniser, par ses qualités d’âme, le projet historique commun d’une démocratie et d’une république.

 

e qu’exercent les dispositifs techniques des médias numériques au travers de leurs flatteuses interfaces

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Pourquoi lever les yeux ?

Par l’association Lèves les yeux

Pourquoi lever les yeux

Il se vendait en 2017 environ 50 smartphones par seconde dans le monde, soit 4,3 millions par jour, 130 millions par mois et plus d’1,5 milliards par an. Depuis que vous lisez cette page, il s’en est déjà vendu plus de 1 500… C’est en Chine qu’on trouve le plus grand nombre d’utilisateurs de smartphones (713,31 millions) devant l’Inde, les États-Unis, le Brésil et la Russie. Avec 42,4 millions d’utilisateurs de smartphones, la France se situe à la onzième place mondiale. En 6 ans seulement, on est passé de 17% de Français équipés à 73%.

(…)

Le temps d’écran des Français a littéralement explosé depuis une dizaine d’années pour occuper désormais les deux tiers du temps éveillé en moyenne. En 2012, il était d’environ 5h40 en moyenne par jour. En 2019 il atteint un peu plus de 10h, et jusqu’à 11h45 pour les 16-24 ans (ou 13h30 si l’on cumule les différents écrans !) selon les chiffres du baromètre de la santé visuelle 2019 – OpinionWay pour l’AsnaV. Pour rappel, les journées comptent environ 16 heures éveillées…

(…)

Un quart des étudiants français passent plus de 6 heures par jour sur leur smartphone et 4 étudiants sur 10 se disent incapables de se passer de leur smartphone pendant une journée. Ce constat d’impuissance constitue la définition de l’addiction, qui « se définit comme la dépendance d’une personne à une substance ou une activité génératrice de plaisir, dont elle ne peut plus se passer en dépit de sa propre volonté. Elle est probablement liée à une libération d’endorphines dans la circulation sanguine en rapport avec le plaisir procuré, c’est d’ailleurs ce qui la différencie du comportement obsessionnel compulsif. » (def.)

(…)

L’étude des usages montre que le smartphone est devenu le premier support d’accès à Internet, et qu’il se différencie des autres supports par la prééminence du divertissement et de la communication (…) A la différence de l’ordinateur ou de la tablette, les smartphones sont utilisés principalement pour des applications de communication et de divertissement, au premier rang desquelles les réseaux sociaux, les messageries instantanées, les jeux et les vidéos.

(…)

90% du temps mobile est passé dans les applications (Flurry Yahoo). En 2017, 197 Milliards d’applications ont été téléchargées, avec en première place les applications de jeux

(…)

Les concepteurs de ces trois produits embauchent des neuropsychiatres pour les aider à façonner des mécanismes cognitifs d’addiction. Indépendamment des injonctions à l’équipement en smartphone et à son renouvellement, on trouve donc aujourd’hui un ensemble de techniques de captation de l’attention (la « captologie » regroupe ces techniques, racontées notamment par Tristan Harris, ancien employé de Google, au sein du Center for Humane Technology). D’un côté de l’écran, des équipes composées d’ingénieurs, de spécialistes marketing et de neuroscientifiques experts dans l’art de la captation de l’attention. De l’autre côté, des personnes de plus en plus jeunes et de plus en plus seules, en quête de shoots de « dopamine ».

(…)

Pour l’usager, cela se traduit par le renseignement obligatoire des informations de paiement, le renouvellement automatique de ces paiements, des algorithmes de recommandation, des moteurs de recherche auto-complétifs, par le déclenchement automatique des vidéos, la suggestion automatique des contenus, l’intégration automatique de publicité, les systèmes de notifications PUSH, le scroll infini, etc. Ces innovations fonctionnelles ont toute en commun de réduire l’activité consciente des usagers, au prétexte de lui faciliter la vie. C’est l’effet « pilote automatique ». Cette automatisation permet en outre la remontée continue des données qui sont ensuite valorisées pour du ciblage publicitaire.

(…)

Il y a d’abord la nocivité sur le développement neurologique des enfants. Le cerveau est une matière malléable et en formation jusqu’à 25 ans environ. La surexposition aux écrans a des conséquences visibles sur la formation physiologique du cerveau, et fait peser sur nous une menace anthropologique planétaire. Michel Desmurget recommande de ne pas mettre en contact nos enfants avec un écran avant 6 ans (et surtout pas de smartphone), et le moins possible après… C’est aussi la recommandation de l’Organisation Mondiale de la santé.

Ces retards dans le développement neurologique se traduisent par des troubles de l’attention, une prévalence de l’obésité et des retards de langage (lire Michel Desmurget, la Fabrique du crétin digital), sans parler de la nocivité des ondes sur la mémoire figurale des enfants qui correspond à la dimension spatiale de la mémoire ;

(…)

On observe également une réduction de nos facultés cognitives déléguées aux outils numériques, en particulier notre mémoire, notre vue (Voir le baromètre annuel de la santé visuelle réalisé par Opinion Way pour l’ASNAV, dont les chiffres sont chaque année plus alarmants), notre capacité de concentration (Voir Bruno Patino, La civilisation du poisson rouge), ;

La surexposition aux écrans influe aussi grandement sur notre sommeil (Voir l’étude publiée par Santé publique France le 12 mars 2019 et l’article dans Nature) avec une baisse en qualité et en quantité de sommeil. Nous avons perdu en moyenne 1h30 de sommeil en 50 ans, pour atteindre 6h42 de moyenne en France en 2019, et l’une des principales causes de ce phénomène est le temps d’écran (Étude Santé publique France du 12 mars 2019).1

Plus largement on constate une érosion générale de nos capacités d’attention et de concentration, avec des conséquences dramatiques sur la convivialité, l’empathie et in fine notre aptitude au bonheur individuel et collectif.

(…)

Une baisse de l’empathie en raison de la réduction des « connexions humaines », qui nous déshabituent des émotions humaines « dans la vraie vie ». Sherry Turkle évalue cette baisse à 40%. Professeure au MIT, elle a étudié pendant 30 ans l’impact des technologies sur les jeunes, et a démontré une baisse de 40% de l’empathie sur une cohorte d’étudiants américains, directement liée à la hausse des usages numériques. (Lire Sherry Turkle, « Seuls ensemble », Éditions de L’Echappée, 2015).

(…)

Le bien être des individus est mis à mal par l’usage intensif des réseaux sociaux, qui substituent des relations humaines fondamentales au bien-être par des relations virtuelles, et érodent l’estime de soi à force de comparaison permanente. Lire notamment les études et articles publiés par la chercheuse américaine Jean Twenge : http://www.jeantwenge.com. Selon elle,  « le nombre d’adolescents américains qui voient un ami au moins une fois par jour a baissé, entre 2000 et 2015, de… 40% ».

(…)

La démocratie en danger : la prise de pouvoir des entreprises du numérique explique aussi la désaffection du politique et notre difficulté à nous engager collectivement, sans parler des difficultés des Etats à rétablir la balance. Soyons conscients de leur pouvoir pour ne pas abandonner trop vite notre souveraineté… Aldous Huxley nous mettait en garde contre l’asservissement volontaire par le divertissement en 1931… Comment s’engager si l’on est distrait constamment ?

 

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Confinement 2020 et Éducation Nationale 2.0

par Christian Peillot, enseignant

Lire ici

Extraits :

(…) De toute façon l’essentiel des tâches est déjà peu à peu exporté vers les écrans.
Les manuels ludifiés à outrance font peine à voir, alors on s’en passe et on vidéoprojette
ce qu’on a soi-même sélectionné, en maintenant les élèves dans une
pénombre moins lénifiante qu’au cinéma. Quand il n’y a pas de manuel (les budgets
ne peuvent absorber la refonte sur deux ans de la totalité des enseignements du
lycée), il y a la version numérique. L’appel du début de cours s’est transmué en
opération de pointage, des élèves et de leurs enseignants sans distinction, sans même
que l’intention fût là : grâce de l’informatique par laquelle on ignore le vécu
psychologique. On se plie au logiciel idoine de l’ENT, et c’est ainsi qu’un cours
commence : par le rituel informatique, cette dévotion nécessaire à l’ordinateur.
L’agenda est obsolète, on consultera l’ENT scrupuleusement abondé. Le cahier de
correspondance ? L’ENT fournit la messagerie pour contacter les familles. On assure
le « suivi » des élèves, comprenez « traçabilité » : qui ? quand ? combien de temps ?
Et traçabilité bien ordonnée commence par soi-même : « Précédente connexion, le
dimanche 10 mai à 19h45 ». On attribue à l’école une seconde fonction
fondamentale : être un lieu de socialisation. Elle ne peut l’être que si elle fait se
côtoyer des personnes sans médiation informatique.

(…) le confinement se fait laboratoire des expériences futuristes d’hier
devenues réalités par la force de la nécessité. « On » (nous) prépare à l’enseignement
délivré par des machines à apprendre. C’est la panacée de la personnalisation des
apprentissages, de l’auto-contruction des savoirs, de la responsabilisation des élèves
quant à leur « parcours pédagogique ». Ce que je veux, comme je veux, quand je
veux et pour ce que j’ai choisi : l’idéal du nouveau lycée à spécialités. Les sciences
cognitives et neurosciences de l’éducation fournissent aux informaticiens de quoi
créer les algorithmes des logiciels d’apprentissages : la mémoire et l’oubli ont leurs
cycles, et on peut optimiser chez l’élève la rétention et la restitution des informations.
Le lycée rénové, toujours avec ses profs, toujours avec ses élèves, s’amène en
douceur : d’un côté la personnalisation, d’un autre l’informatisation, et quand ça sera
mûr…
Plus de pédagogue. (…) Aussi… pour être lieu de quelque chose, l’école doit être, avant tout, un lieu :
une « portion déterminée de l’espace ». Tout autre chose donc qu’un
«environnement numérique de travail», négation même de toute géographie, de
l’espace, du réel, du vécu. L’expression elle-même est un non-sens, qui fait s’accoler
contre nature « environnement » et « numérique », et on aurait tort de dire que c’est
un autre sujet..

 

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« La Fabrique du crétin digital. Les dangers des écrans pour nos enfants »,

livre de Michel Desmurget, docteur en neurosciences et directeur de recherche à l’Inserm. Il est l’auteur de TV Lobotomie (Max Milo, 2011) qui a remporté un large succès public.

Extraits :

(p.230) « Les TICE (technologie de l’information et de la communication pour l’enseignement) apparaissent comme une réponse adaptée aux enjeux de l’éducation du XXIè siècle : lutter contre l’échec scolaire ; favoriser l’égalité des chances ; redonner aux élèves le plaisir d’aller à l’école et d’apprendre ; revaloriser le métier d’enseignant qui doit retrouver toute sa place avec ce rôle de « metteur en scène » du savoir […]. Car ce n’est pas sur l’éducation d’hier que nous bâtirons les talents de demain » Fourgous J. « Oser la pédagogie numérique ! lemonde.fr. 2011

(p.234) Quels sont les impacts des investissements numériques sur la performance scolaire?

Étude la plus récente diligentée par l’OCDE dans le cadre du programme PISA (OCDE – « Connectés pour apprendre ? Les élèves et les nouvelles technologies (principaux résultats) » oecd.org2015

Andreas Schleicher, responsable du programme PISA : « Les nouvelles technologies ne sont pas d’un grand secours pour combler les écarts de compétences entre élèves favorisés et défavorisés. En un mot, le fait de garantir l’acquisition par chaque enfant d’un niveau de compétence de base en compréhension de l’écrit et en mathématiques semble bien plus utile pour améliorer l’égalité des chances dans notre monde numérique que l’élargissement ou la subvention de l’accès aux appareils et services de haute technologie. »

« Les pays qui ont le plus investi sont ceux qui ont vu les performances de leurs élèves diminuer le plus sévèrement. »

« […] les pays qui ont moins investi dans l’introduction des ordinateurs à l’école ont progressé plus vite, en moyenne, que les pays qui ont investi davantage. Les résultats sont identiques pour la lecture, les mathématiques et les sciences. »

p.242 « […]les études disponibles montrent au mieux l’inaptitude et au pire la nocivité pédagogique des politiques de numérisation du système scolaire. Se pose, dès lors, une question assez simple : […] pourquoi une telle ardeur à vouloir digitaliser le système scolaire depuis la maternelle jusqu’à l’université, alors que les résultats s’affirment aussi peu convaincants ? […] Il n’existe qu’une explication rationnelle à cette absurdité. Elle est d’ordre économique : en substituant, de manière plus ou moins partielle, le numérique à l’humain il est possible, à terme, d’envisager une belle réduction des coût d’enseignement. Bien sûr, la démarche s’accompagne d’un raz-de-marée marketing visant à persuader les parents et plus largement la société civile dans son ensemble que la numérisation, à marche forcée, du système scolaire, non seulement ne constitue pas un renoncement éducatif, mais représente un formidable progrès pédagogique. »

p.245 « L’éducation est avant tout une industrie de main d’œuvre. 95% du budget de l’éducation nationale passe en salaires! L’un des apports majeurs du numérique, notamment sous la forme des MOOC, est de permettre des économies significatives sur ce poste de dépense. Là où vous devez aujourd’hui payer chaque année des enseignants pour délivrer des cours magistraux à des amphis de quelques centaines d’étudiants, vous pourrez demain pour le même prix, délivrer ces cours à un nombre potentiellement infini d’étudiants. Le coût de la matière première va chuter. » E.Davidenkoff, Le Tsunami numérique, stock 2014

p.253 « Dans les faits […], le numérique n’est pas une simple ressource éducative mise à la disposition d’enseignants qualifiés et utilisable pour ces derniers, s’ils le jugent pertinent, dans le cadre de projets pédagogiques ciblés. Non ; dans les faits le numérique est avant tout un moyen de résorber l’ampleur des dépenses éducatives. »

Présentation du livre :

« La consommation du numérique sous toutes ses formes – smartphones, tablettes, télévision, etc. – par les nouvelles générations est astronomique. Dès 2 ans, les enfants des pays occidentaux cumulent chaque jour presque 3 heures d’écran. Entre 8 et 12 ans, ils passent à près de 4 h 45. Entre 13 et 18 ans, ils frôlent les 6 h 45. En cumuls annuels, ces usages représentent autour de 1 000 heures pour un élève de maternelle (soit davantage que le volume horaire d’une année scolaire), 1 700 heures pour un écolier de cours moyen (2 années scolaires) et 2 400 heures pour un lycéen du secondaire (2,5 années scolaires).
Contrairement à certaines idées reçues, cette profusion d’écrans est loin d’améliorer les aptitudes de nos enfants. Bien au contraire, elle a de lourdes conséquences : sur la santé (obésité, développement cardio-vasculaire, espérance de vie réduite…), sur le comportement (agressivité, dépression, conduites à risques…) et sur les capacités intellectuelles (langage, concentration, mémorisation…). Autant d’atteintes qui affectent fortement la réussite scolaire des jeunes.« Ce que nous faisons subir à nos enfants est inexcusable. Jamais sans doute, dans l’histoire de l’humanité, une telle expérience de décérébration n’avait été conduite à aussi grande échelle », estime Michel Desmurget. Ce livre, première synthèse des études scientifiques internationales sur les effets réels des écrans, est celui d’un homme en colère. La conclusion est sans appel : attention écrans, poisons lents » https://www.seuil.com/ouvrage/la-fabrique-du-cretin-digital-michel-desmurget/9782021423310

 

 

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Le désastre de l’école numérique

 

Philippe Bihouix, ingénieur centralien, spécialiste de l’épuisement des ressources
minérales et promoteur des low-tech
Karine Mauvilly, journaliste, enseignante en collège, essayiste

– Seuil, 2016

Extraits choisis

« Les nouvelles technologies à l’école ne sont pas d’un grand secours pour combler les écarts de compétences entre élèves favorisés et défavorisés. C’est peut-être le constat le plus décevant de ce rapport » (rapport OCDE/Pisa 2015)

(…) Sandra Enlart fait l’hypothèse qu’ « une société digitalisée engendrera un retour… du faire,
du toucher, de la construction matérielle, de la réalisation « avec ses mains », et cela d’autant plus
pour ceux qui ont été mal à l’aise avec l’univers scolaire. »

(…) C’est ainsi que de nombreux métaux hightech,
dont les fameuses terres rares sont recyclés à moins de 1 %. Un gâchis irrémédiable pour les
générations futures.

Lire ici

 

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Crise du coronavirus et école numérique

Le Monde d’Après

Prendre soin de nos élèves, des êtres humains et du monde vivant.
Quel professionnel de l’éducation choisissons-nous d’être ?
Quel monde soutenons-nous ?

Texte de Valérie Schacher, professeur documentaliste, avril 2020

Lire ici

 

Extraits :

(L’Education nationale) par ses encouragements officiels aux multiples connexions quotidiennes, elle participe à l’augmentation de l’équipement multimédia des familles2, de la consommation énergétique française et donc mondiale mais aussi à la pollution de toute la chaîne de production de ces équipements et infrastructures, depuis l’extraction dévastatrice de métaux et terres rares4, l’exploitation insoutenable de femmes, hommes et enfants prisonniers de conflits et mafias locales en lien avec les multinationales occidentales5, au transport sur des milliers de kilomètres de ces matériaux jusqu’à, enfin, la pollution générée par l’abandon des déchets en fin de vie6, si possible loin de la France. S’ajoutent à ces problématiques écologiques et sociétales intenses des inquiétudes concernant l’impact de la surconsommation quotidienne d’écran, surtout pour de jeunes esprits, sur les plans sanitaires et psychologiques, ainsi que les questions cruciales des données personnelles et traces numériques.

Par ailleurs, les pratiques numériques favorisées, soutenues et mises en place par les directives nationales dans ce moment critique vont permettre sur le long terme d’imposer à une ampleur nationale, de la maternelle à l’université, des modes technologiques d’apprentissage, de communication, d’éducation « dématérialisés »7, à la manière de ce que Naomi Klein appelle la stratégie du choc8, qui ne se limite pas à la seule sphère éducative. C’est donc un formatage digital massif auquel sera soumis tout nouvel apprenant, dès son plus jeune âge relié à la matrice numérique, portée par les GAFAM et autres multinationales très investies dans l’éducation de leurs futurs consommateurs.

Quel monde voulons-nous construire avec nos élèves ? Quel monde soutenons-nous ? « Le Monde d’Après » proposé par l’Éducation Nationale, dévastateur, climaticide, porteur d’inégalités grandissantes entre les enfants du monde et surtout hypothéquant leur avenir en augmentant chaque jour un peu plus l’empreinteécologique de la France ? Si prendre soin de nos élèves signifie mettre en péril les conditions de vie d’autresélèves du monde, si c’est participer à l’« esclavage moderne » et accentuer la mise en danger du mondevivant, alors il est de notre devoir de dire non.
C’est un devoir éthique donc d’y renoncer, c’est refuser un progrès technologique et une croissance verte pourprivilégier un progrès écologique, humaniste. Nous pourrions ainsi “pédagogiser” la citation de Gandhi :
vivre simplement pour que d’autres simplement puissent vivre”, en “apprendre simplement pour que
d’autres simplement puissent apprendre”.

 

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Adresse aux lycéens

Pourquoi il faut s’opposer à la tyrannie technologique

par Pièces et Main d’oeuvre, 2015

Lire ici

Didier Marsacq, chercheur au CEA (Commissariat à l’énergie atomique) spécialisé dans les micropiles à
combustible pour portables, déclara : « Bien sûr, ces piles coûteront plus cher que le
rechargement d’un téléphone sur une prise électrique, mais nous ciblons les
adolescents, qui sont immatures et moins rationnels, et nous pensons qu’ils
accrocheront au sans-fil total”.

 

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Vivre sans portable par choix en étant lycéen

Lire ici l’article

 

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Philippe Champy ” Vers une nouvelle guerre scolaire. Quand les technocrates et les neuroscientifiques mettent la main sur l’Éducation nationale”.

Editions La Découverte. 

Emission de France Culture, 23 février 2020

Ecouter ici

“Depuis les années 2000, une partie croissante des hauts technocrates de l’Education nationale s’est ralliée à l’agenda néo libéral. Le numérique et les neurosciences sont les deux piliers qui, par leur emprise, doivent servir à accentuer la pression sur les enseignants, à rogner leurs autonomies professionnelles et leurs pouvoirs d’action”. Ces quatre cavaliers de l’apocalypse pédagogique fondent particulièrement sur les enseignants depuis le retour de JM Blanquer rue de Grenelle. Dans un nouveau livre (Vers une nouvelle guerre scolaire, La Découverte), Philippe Champy met en lumière l’évolution de sa pensée politique et aussi les liens qui unissent la technostructure du ministère à une partie des neuroscientifiques et le petit noyau étatiste des acteurs du numérique. Au coeur de la tempête, l’édition scolaire, que connait bien Philippe Champy, étroitement liée aux acteurs de terrain, est en première ligne. L’enjeu de cette nouvelle guerre scolaire tient dans le mot liberté. Particulièrement la liberté pédagogique des enseignants , soumis aux pressions d’instructions de plus en plus tatillonnes, d’une évangélisation neuroscientifique et d’outils numériques qui vérifient et recadrent les pratiques, comme les évaluations nationales. L’Ecole de la confiance c’est celle de la mise sous contrôle. On l’avait compris. Philippe Champy le démontre. Ce livre est important” 

 

Lire ici sur Le Café Pédagogique

Extrait : “L’autre face de l’attaque techno est celle que mène les technophiles institutionnels qui promeuvent une vision idyllique et étatique du « numérique éducatif » et cherchent le soutien des hauts décideurs pour financer leur plan pharaonique. Se dessine une alliance bizarre entre une gestion technocratique se réclamant de l’efficacité et un discours de substitution au profit du numérique qui est présenté comme la solution d’avenir face aux difficultés scolaires. Cette alliance prône un contrôle strict sur les productions des enseignants et leurs travaux collaboratifs tout en laissant dans un angle mort le contexte géopolitique et industriel de la « révolution numérique » qui est l’œuvre des GAFAM, les vrais « seigneurs numérique”

 

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Le projet Nexus à Montpellier :

les “humanités numériques”,

triste avenir de l’Université française de lettres, arts et sciences humaines et sociales

Nexus :”  permettra à notre établissement d’engager la mutation progressive de nos formations qui intègreront des modules d’apprentissage numérique dans toutes les licences, de connecter plus fortement les sciences humaines et sociales à la nouvelle économie de la connaissance et ce faisant, de donner à nos étudiants davantage d’atouts dans leur vie professionnelle.
Au sujet du bâtiment La Fabrique”  : ” un tiers-lieu pour la pédagogie par projet, en lien avec les entreprises (et notamment la French Tech) et le monde socio-économique (institutions, collectivités, associations…) (…) Le projet Nexus requiert des ingénieurs pédagogiques, des développeurs, des espaces d’innovation qui doivent être gérés, mais aussi des responsables financiers, des porteurs de projets, etc. Il doit être arrimé à un environnement institutionnel et administratif à la fois flexible et de proximité : flexible, parce que les personnes qui accompagnent l’innovation sont financées sur des missions spécifiques et temporaires (c-a-d précaires ndlr) qui nécessitent un accompagnement particulier”

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L’Appel de Beauchastel

contre l’école numérique

2017

Manifeste d’enseignants qui dénoncent ces pratiques déshumanisantes : partagez-le avec les enseignants

Télécharger ici

 

Une journée dans l’école numérique

Ma journée d’école commence, la sonnerie vient tout juste de
retentir, je rentre dans ma salle de cours et déjà je m’interroge : dois-je
accueillir la classe ou me tourner vers mon écran pour effectuer l’appel
électronique ? Dans un souci de «diversification de mes pratiques»,
dois-je capter le regard des élèves à l’aide de l’écran de mon vidéoprojecteur,
vérifier la mise en route de toutes leurs tablettes ou décider
de me passer de tout appareillage numérique ? Alors que la séance se
termine, prendrons-nous le temps de noter le travail à effectuer à la
maison ou dois-je renvoyer chaque élève devant son écran pour
consulter le cahier de textes numérique que je remplirai en fin de
journée ? C’est la pause du repas ; à la cantine, que penser de ce flux
d’élèves identifiés par leur main posée sur un écran biométrique et du
bip régulier de la machine signalant son aval à leur passage ? Ces
adolescents dans la cour scrutant sans cesse leur téléphone, ces
surveillants et ces professeurs derrière leur ordinateur, tout ce monde se
disant parfois à peine bonjour, est-ce cela le progrès ? En fin de
journée, dans la salle des profs, dois-je, toujours face à mon écran, trier
mes courriels administratifs et remplir le cahier de textes numérique, ou
ai-je encore le temps d’échanger de vive voix avec mes collègues sur le
déroulement de cette journée de classe ?

 

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“L’ineptie des tablettes numériques au collège” / Tribune Libération / 17/11/14

Eric Sadin

(…) L’honneur de l’école consiste à inscrire le champ de son action au sein de son milieu contemporain, tout en maintenant une nécessaire forme d’écart. C’est ce qu’offre notamment le livre imprimé, objet physiquement clos à lui-même mais ouvert à toutes les expériences de la connaissance et de l’imaginaire. Il s’expose au regard dans une altérité située à distance qui appelle la concentration, indispensable à la réflexion et à la maturation du savoir. Ses vertus éprouvées depuis des siècles ne peuvent être méprisées ou balayées d’un coup de main par quelques décisions hâtives. Ce qui choque dans cette mesure, ce n’est pas tant l’introduction des tablettes que sa portée massive et exclusive.

Lire ici

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Les technologies numériques aliènent les enfants et les adolescents.

” En 2005, une recherche menée par le fabricant d’équipement informatiques Hewlett packard, à Londres, révèle que le QI des personnes distraites par les courriels et les appels téléphoniques chute de dix points. un impact comparable à la perte d’une nuit de sommeil. (Wilson, 2005)”

” Les smartphones décuplent interruptions et perturbations. Les utisateurs consultent leut téléphone en moyenne toutes les cinq à douze minutes durant leurs heures d’éveils. Et 72 % des jeunes et 48 % des parents se sentent obligés de répondre immédiatement aux messages et notifications qu’il sreçoivent (Common Sense, 2016). Meme la simple présence de son smartphone déconcentre son propriétaire.”

” une étude réalisée avec 800 étudiants de l’Université du Texas, à  Austin, aux Etats-Unis, a testé les capacités cognitives de trois groupes : les membres du premier groupe ont laissé leur smartphone à l’entrée de la salle de cours, ceux du deuxième l’ont glissé dans leur poche, ceux du troisième l’ont posé sur la table. Le plus performant est celui dont les membres l’ont laissé àl’entrée de la salle. Conclusion : plus l’appareil est à portée de main, plus il mine les capacité intellectuelles”.

Cité dans La Revue Durable, automne hiver 2019, num 63, page 32.


Champs électromagnétiques

ce qu’il faut savoir

  prospectus à télécharger sur la 5G, la WIFi, l’électricité, les normes et l’industrie du doute….

Lire ici


 à compléter par le prospectus à télécharger sur les écrans, les enfants et les champs électromagnétiques:

Télécharger ici

Voir aussi le dossier “Effets non-thermiques des Champs électromagnétiques”, mis à jour en mai 2020, sur la santé et toutes les recommandations dans le système éducatif et pour les enfants:

En cliquant ici





EHS – Nouvelle avancée judiciaire en France – Reconnaissance de l’électrosensibilité comme maladie professionnelle

COMMUNIQUE de PRIARTEM du 23 janvier 2019

Par jugement du 17 janvier dernier, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise enjoint l’organisme public qui l’emploie, de reconnaître l’électrohypersensibilité d’un technicien de recherche comme imputable au service – l’équivalent pour les fonctionnaires de la reconnaissance en maladie professionnelle.

Pour Sophie PELLETIER, présidente de PRIARTEM, il s’agit d’une double « première » : « C’est la première fois que la juridiction administrative – dont dépendent les agents de la fonction publique – se prononce favorablement sur cette question. Et cerise sur le gâteau, c’est la première fois en France qu’une décision de justice reconnaît l’intolérance aux ondes électromagnétiques comme maladie imputable au travail ». Cette décision arrive après un long parcours du combattant pour l’agent, atteint de troubles neurovégétatifs. Celui-ci était tombé malade il y a dix ans après avoir travaillé pendant deux ans sur un appareil émettant de forts champs électromagnétiques.

 





Mission interministérielle de lutte contre les drogues et conduites addictives, août 2018

Lire ici – un document du gouvernement français sur les précautions à prendre pour les enfants

Source : http://www.drogues.gouv.fr/comprendre/ce-qu-il-faut-savoir-sur/lexposition-aux-ecrans

“Selon des données scientifiques, généralement britanniques ou nord-américaines reprises en France par un site de référence https://lebonusagedesecrans.fr, tel que cité ci-dessous, le temps
passé devant un écran est corrélé à une forme physique moins bonne et à des problèmes de santé mentale et de développement social. Une pratique excessive peut avoir des conséquences :  sur le développement du cerveau et de l’apprentissage des compétences fondamentales. Les enfants surexposés aux écrans ont plus de risques de souffrir d’un retard de langage que les autres. Une étude récente menée par des chercheurs québécois
et américains a mis en évidence l’impact sur le long terme d’une exposition importante aux écrans dans les premières années de vie. Cette étude a montré que chaque heure supplémentaire passée devant la télévision par un enfant en bas âge diminuait ses performances scolaires à l’âge de 10 ans : moindre intérêt pour l’école, moindre habileté au plan mathématique. Cette surexposition précoce entraînait également une moindre
autonomie, une moindre persévérance et une intégration sociale plus difficile avec notamment un risque accru de souffrir d’une mise à l’écart par ses camarades de classe.  sur les capacités d’attention et de concentration : ceci est vrai même si l’enfant se trouve dans une pièce avec la télévision allumée sans qu’il la regarde.  sur le bien-être et l’équilibre des enfants : (…)”





École Numérique Sans Ondes Wifi – Pourquoi faut-il protéger les élèves du Wifi ?

Par l’association École Numérique Sans Ondes Wifi (ENSOW)

Voir leur site ici

Résolution 1815 du Conseil de l’Europe

« A la lumière de ces considérations, l’Assemblée recommande que les états membres du Conseil de l’Europe prennent toutes les mesures raisonnables pour réduire l’exposition aux champs électromagnétiques, spécifiquement les fréquences de la téléphonie mobile et particulièrement l’exposition aux enfants et adolescents qui semblent être plus à risque pour des tumeurs au cerveau.

« L’Assemblée recommande (…) de privilégier pour les enfants en général, et plus particulièrement dans les écoles et salles de classe, des systèmes d’accès à l’internet par connexion filaire et de réglementer de façon stricte l’utilisation du portable par les élèves dans l’enceinte de l’école »

« …de mettre en place des campagnes d’information et de sensibilisation aux risques d’effets biologiques potentiellement nocifs à long terme pour l’environnement et la santé humaine, en particulier à destination des enfants, des adolescents et des jeunes en âge de procréer »

La loi Abeille de janvier 2015

« L’installation d’un équipement terminal fixe équipé d’un accès à Internet sans fil est interdite dans les espaces dédiés à l’accueil, au repos et aux activités des enfants de moins de trois ans »

Amendement n°163 à la loi sur le refondation de l’école:

« Ce service public (l’école numérique) doit se mettre en place dans les établissements grâce à une infrastructure qui favorise l’utilisation de connexions de données filaires. En effet, le principe de précaution doit pousser l’État et les collectivités territoriales à protéger les enfants, notamment les plus jeunes, de l’influence des ondes. »

« Depuis une dizaine d’années, de nombreuses études ont été réalisées pour évaluer les effets des ondes électromagnétiques. Un nombre croissant d’experts s’accorde désormais sur les dangers pour la santé induits par une exposition aux champs électromagnétiques issus des technologies sans fils même si le débat scientifique n’est pas tranché. Cependant, cette incertitude scientifique doit appeler à la prudence notamment lorsqu’il s’agit des enfants avec lesquels il est essentiel d’appliquer le principe de précaution. »

Loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement:

« Art. L. 5231-4. – La distribution à titre onéreux ou gratuit d’objets contenant un équipement radioélectrique dont l’usage est spécifiquement dédié aux enfants de moins de six ans peut être interdite par arrêté du ministre chargé de la santé, afin de limiter l’exposition excessive des enfants. »

Le rapport “Développement des usages mobiles et principe de sobriété

 remis au Premier Ministre en décembre 2013 écrit par un médecin, Jean-François Girard, et un conseiller d’Etat, Jean François Tourtelier. On y apprend que la plus grande source d’exposition des enfants n’est pas les antennes relais, mais le téléphone fixe sans fil (DECT) et le Wifi:

« Les mesures effectuées sur les lieux les plus exposés ont montré que, dans environ 20% des cas, les antennes relais ne sont pas la source principale d’exposition. Les autres sources sont notamment : bases de téléphone sans fil DECT, émetteurs radio FM ou téléphones portables à proximité, boîtiers multiservices Wifi… »

« Au nom de la précaution, au nom du bon sens aussi, il y a lieu de ne pas précipiter l’entrée dans le tout numérique (dès le plus jeune âge) ou, à tout le moins, de ne pas exacerber à l’école les tendances de (sur)consommation privée. Promotion des usages numériques d’un côté, préoccupations « sociétales » d’un autre côté, contraintes économiques enfin, produisent un discours incertain, comme non assumé. Pas sûr que cela contribue à la régulation »

L’ANSES et son rapport 2013

« Compte tenu de l’état des connaissances, le principe de précaution justifie des restrictions d’usage du téléphone mobile, en particulier pour les enfants et les femmes enceintes » (p. 365)



 Lycée numérique- argumentaire

par le SNES-FSU du Lycée Diderot à Langres

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Le fiasco suédois, privatisation de l’école où le numérique a son rôle

Le Monde Diplomatique septembre 2018

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Karine Mauvilly : « L’école devient un objet économique »

Revue du Comptoir, octobfre 2016

Il semble aujourd’hui impossible de refuser le numérique, perçu par le plus grand nombre comme un “progrès”inéluctable. Pourtant, Philippe Bihouix, ingénieur centralien, et Karine Mauvilly, historienne et juriste de formation, osent s’attaquer au tout-numérique à l’école, lieu où se prépare l’avenir de notre société, dans un essai décapant, intitulé « Le désastre de l’école numérique : Plaidoyer pour une école sans écrans » (Seuil). Tous deux parents et passés par l’enseignement, les auteurs expliquent pourquoi, loin de résoudre les problèmes aujourd’hui rencontrés par l’école – notamment la reproduction des inégalités –, le numérique pourrait représenter un danger sociétal. Nous avons ainsi décidé de rencontrer Karine Mauvilly pour avoir plus de précisions sur ce livre que nous vous recommandons.

Lire ici

 

Philippe Bihouix

«Avec l’école numérique, nous allons élever nos enfants “hors-sol”, comme des tomates»

journal Libération

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“Le désastre de l’école numérique”

le livre de Philippe Bihouix :

Sur le site de l’éditeur

Philippe Bihouix présente son ouvrage dans cette vidéo



“Le rapport PISA et le grand plan numérique pour l’école”

journal Marianne

“Après un premier rapport mitigé il y a une dizaine d’années, l’OCDE vient de publier un nouveau rapport critique sur les pratiques numériques scolaires dans de nombreux systèmes éducatifsé.

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Le téléphone portable, une arme d’addiction massive

Temps Présent, émission de la Radio Télévision Suisse (RTS). Ajouté le 11 janv. 2019.

Avec l’apparition du premier smartphone en 2007, la première génération d’ados « smartphone-compatible» est née et avec elle toutes les inquiétudes liées à l’utilisation excessive du téléphone portable. Entre dépendance et addiction la frontière est fragile et on ne s’en rend pas toujours compte. Comment limiter, voire interdire, un outil que nous utilisons tous ? Et surtout dont personne ou presque ne pourrait se passer ?




5G, école numérique, électro-hypersensibilité :

courrier envoyé aux parlementaires, sections locales des syndicats de l’enseignement, fédérations des parents d’élèves, section d’ATTAC et de la CLCV, par la Fédération pour la vie et la Sauvegarde des Grands Causses, Collectifs aveyronnais du Sud-Ouest Aveyron, du Saint-Affricain, du Nord-Aveyron, de Millau, du Vallon, 15 décembre 2018

Lire ici





Un collège-lycée contraint illégalement des enfants à être traçables en permanence

30 juillet 2018 – Il y a dix jours, une lycéenne de l’établissement scolaire privé Rocroy Saint-Vincent de Paul, à Paris, a révélé un changement du règlement intérieur de l’établissement. À compter de la rentrée, chaque collégien et lycéen devra porter sur lui un porte-clef fourni à l’établissement par la start-up française New School et qui permettra de localiser l’élève via une puce Bluetooth intégrée. Voici le résultat de notre analyse juridique et technique de ce système, concluant à son illégalité.
Lire l’article sur le site de La Quadrature du Net




La reconnaissance faciale testée dans deux lycées à Nice et Marseille

Lire dans Ouest-France

Et ici




Un superbe article du journal L’Empaillé sur l’école numérique

publié en septembre 2017
Nous sommes en 2025. Trois ans après la faillite de l’école numérique et une réforme d’ampleur qui a donné lieu à la deuxième laïcisation de l’école : une émancipation définitive de l’influence de l’économie. Le ministère de l’Éducation Nationale a été remplacé par le Réseau d’instruction national. Les élèves sont désormais appelés des enfants et le tutoiement entre enfants et adultes a été instauré.

Lire ici



Vivre sans portable par choix, en étant lycéen

Lire sur le site de l’Obs et de Rue 89





LOI n° 2010-788 du 12 juillet 2010

portant engagement national pour l’environnement /

publicité interdite à destination des enfants de moins de 14 ans

Lire sur le site de Robin des Toits





Wifi à l’école : méthode pour s’y opposer par Robin des Toits

Lire sur le site de l’association




VRAI / FAUX sur la téléphonie mobile et le Wi-fi

Voici les arguments des personnes qui ignorent ou contestent la toxicité des émissions type téléphonie mobile (téléphones portables, antennes-relais, Wi-fi, Dect, Bluetooth…) dans son développement technique actuel :

Lire ici sur le site de Robin des Toits les contre-arguments

et ici en version PDF





Le CRIIREM s’oppose à la Wifi à l’école :

Lire ici






“Smartphone, pourquoi il rend con”

article de Charlie Hebdo au sujet du  livre “Le troisième cerveau. Petite phénoménologie du smartphone” de Pierre Marc de Biasi, CNRS édition

Lire ici






Le gouvernement belge interdit le portable aux enfants –

Mars 2013, Robin des toits :

Lire ici





Envoyé Spécial : L’addiction aux écrans

“héroïne numérique” – 

France 2 – 18/01/2018

Regarder ici






Fiction “Monde connecté, corps malades” : un conseil municipal débat des champs électromagnétiques, des compteurs communicants et de l'(in)intelligence artificielle

Lire ici











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